À Moribadou, localité située aux environnants du site minier de Rio Tinto SimFer, Pauline Guilavogui allie opportunité et passion : devenir mécanicienne.
Chaque matin, avant le lever du soleil, elle quitte son Moribadou natal pour rallier le site minier de Rio Tinto SimFer pour apprendre la mécanique et la maintenance des équipements fixes. Habillée fièrement comme une travailleuse d’un site minier, Pauline exerce un métier encore peu pratiqué par les femmes et jeunes filles de sa communauté. Un véritable défi qu’elle assume avec fierté et responsabilité.
Une vocation née très tôt
Depuis sa tendre enfance, Pauline rêvait de faire de la mécanique. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle a essayé une première fois, sans succès, d’intégrer l’école professionnelle de Beyla. Sans abandonner son rêve, elle se rendit à Conakry où elle entama une formation en logistique. Quelques mois après, le CFP de Beyla lance le programme d’apprentissage en partenariat avec Rio Tinto SimFer et, Pauline saisit encore l’opportunité, passe les tests et est retenue.

« Aujourd’hui, j’apprends ce métier auprès de professionnels qualifiés et j’entame ainsi le chemin vers la réalisation de mon rêve » affirme-elle avec joie.
Rallier ses parents à sa cause
Chaque jour, avant de rejoindre au centre de formation, Pauline reçoit les bénédictions de ses parents qui la soutiennent pleinement dans son choix de carrière. Mais ce soutien n’a pas été acquis aussi facilement – son père craignait les exigences physiques de ce métier et Pauline a dû le convaincre. Pauline a su le rassurer et aujourd’hui sa famille la soutient fièrement chaque jour. Cependant, Pauline doit convaincre ceux qui ne croient pas encore que les femmes devraient exercer ce métier.
« Il m’arrive souvent d’entendre des remarques décourageantes. Alors j’explique qu’il n’existe pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes. À Moribadou, de plus en plus de jeunes filles manifestent leur intérêt pour la mécanique. Aujourd’hui, dans certains garages, on voit même des apprenties mécaniciennes », explique-t-elle avec espoir.
Un avenir tourné vers la transmission
Pauline ne compte pas s’arrêter là. Elle souhaite continuer à se perfectionner, gagner en expérience et, à terme, créer un centre de formation en mécanique destiné aux jeunes filles, pour encourager d’autres à croire en leurs capacités.

En attendant de concrétiser ce projet, Pauline poursuit son apprentissage avec détermination.